La retraite progressive après 60 ans offre une transition entre la vie professionnelle et la retraite complète. Elle permet de continuer à travailler à temps partiel tout en percevant une fraction de sa pension. Le dispositif peut aider à préserver son énergie, organiser un projet personnel ou transmettre son expérience sans arrêter brutalement son activité.
Depuis le 1er septembre 2025, l’âge d’ouverture est fixé à 60 ans pour les retraites prenant effet à partir de cette date. Il faut toutefois remplir plusieurs conditions, notamment justifier d’au moins 150 trimestres et exercer une activité à temps réduit. Le détail dépend du régime, du statut et du contrat de travail. Voici les points à vérifier avant de déposer une demande.
La retraite progressive ne doit pas être confondue avec le cumul emploi-retraite après 60 ans. Dans le premier cas, la retraite définitive n’est pas encore liquidée. Dans le second, la personne est déjà retraitée et reprend une activité selon des règles de cumul.
Cette nuance change la façon de préparer le calendrier. En retraite progressive, vous restez dans une phase de constitution de droits et vous devez organiser la transition avec votre employeur. En cumul emploi-retraite, votre départ est déjà intervenu et la reprise peut être soumise à un plafond ou à des règles particulières. Notez la date de début de chaque étape et utilisez-la dans vos échanges avec les caisses.
Le dispositif peut être particulièrement intéressant lorsque vous souhaitez tester un nouveau rythme sans renoncer immédiatement à votre métier. Il demande néanmoins de la rigueur : la quotité travaillée, les justificatifs et les dates doivent rester cohérents pendant toute la période.
Qu’est-ce que la retraite progressive ?
La retraite progressive permet de percevoir une partie de la retraite de base et, selon les régimes, une fraction de la retraite complémentaire, tout en continuant une activité professionnelle réduite. La pension versée correspond à la part de travail que vous n’effectuez plus. Plus votre temps de travail diminue, plus la fraction de retraite peut être importante, dans les limites prévues.
Le dispositif reste provisoire. Vous continuez à cotiser sur votre activité et vous pouvez acquérir des droits supplémentaires. Lorsque vous demandez votre retraite définitive, la caisse recalcule la pension en tenant compte de la carrière complétée et des règles applicables à cette date.
Une transition personnalisable
La retraite progressive peut prendre la forme d’un temps partiel régulier, d’un contrat à temps réduit ou, pour certains travailleurs, d’une réduction d’activité indépendante. L’objectif n’est pas seulement financier : il s’agit de trouver un rythme durable. Une personne peut privilégier deux ou trois jours travaillés par semaine, tandis qu’une autre préfère des journées plus courtes.
Un dispositif différent d’un congé
Il ne s’agit pas d’un congé payé ni d’une cessation complète d’activité. Vous restez lié à votre employeur par un contrat et vous devez respecter les règles de temps de travail. La demande de passage à temps partiel et la demande de retraite progressive sont deux démarches liées, mais distinctes.
Les conditions principales après 60 ans
Pour une retraite progressive du régime général, trois conditions sont essentielles : avoir atteint l’âge requis, justifier d’au moins 150 trimestres d’assurance et exercer une activité à temps partiel ou à temps réduit dans la fourchette autorisée.
L’âge d’accès
L’âge d’ouverture est abaissé à 60 ans pour les retraites prenant effet depuis le 1er septembre 2025. Vérifiez néanmoins la date d’effet choisie et votre régime. Une demande déposée longtemps à l’avance doit être cohérente avec la date réelle de début du dispositif.
Les 150 trimestres
Les 150 trimestres peuvent inclure des périodes reconnues par plusieurs régimes et certaines périodes assimilées. Votre relevé de carrière doit être à jour. Une activité ancienne, un congé parental ou une période de chômage mal enregistrée peut modifier le résultat. Consultez votre relevé et demandez une correction avant de déposer votre dossier si nécessaire.
Le temps de travail autorisé
Dans le secteur privé, le temps travaillé se situe généralement entre 40 % et 80 % d’un temps plein. Dans la fonction publique, la fourchette courante va de 50 % à 90 %. Le contrat ou l’organisation du travail doit permettre de mesurer clairement cette quotité. Un temps partiel thérapeutique ne correspond pas automatiquement aux conditions de la retraite progressive.

Comment est calculée la fraction de pension ?
La fraction de pension dépend de la quotité de travail. À titre de logique générale, si vous travaillez 60 % d’un temps plein, la retraite progressive correspond à la part non travaillée, sous réserve des règles de votre régime. Le calcul réel prend en compte la retraite estimée et les paramètres de votre carrière.
Demandez une estimation personnalisée plutôt que de retenir un pourcentage théorique. Le montant net dépend aussi des prélèvements sociaux et de votre situation fiscale. Faites établir un budget qui inclut le salaire à temps partiel, la pension progressive, les charges fixes et la marge réservée aux dépenses imprévues.
Pourquoi une estimation est utile
Une baisse de temps de travail ne signifie pas toujours une baisse proportionnelle du revenu disponible. Les frais de transport, les repas pris à l’extérieur et certaines dépenses professionnelles peuvent diminuer. À l’inverse, les loisirs ou les dépenses de santé peuvent augmenter si vous libérez du temps pour un projet personnel. Un budget sur trois mois donne une vision plus réaliste.
Les cotisations continuent
Vous continuez à cotiser sur le revenu professionnel. Ces cotisations peuvent améliorer la pension définitive, selon les règles applicables. Conservez vos bulletins de salaire et contrôlez régulièrement votre relevé pour que les nouveaux droits soient bien enregistrés.
Les démarches à préparer
- Connectez-vous à votre compte retraite et téléchargez le relevé de carrière.
- Vérifiez les périodes manquantes et demandez une correction si besoin.
- Échangez avec votre employeur sur la quotité et la date de passage à temps partiel.
- Réalisez une estimation du montant de la fraction de pension.
- Déposez la demande en ligne auprès du service officiel ou selon la procédure de votre régime.
- Transmettez les justificatifs demandés et conservez l’accusé de dépôt.
Le portail officiel de demande peut transmettre la requête à plusieurs régimes. Vérifiez cependant que chaque caisse apparaît bien dans le suivi. Si votre situation est particulière, un entretien avec l’Assurance retraite ou votre régime complémentaire peut éviter une interruption administrative.
Comment en parler avec son employeur ?
Préparez une proposition concrète : jours travaillés, horaires, répartition des missions et date de début. Expliquez ce que vous pourrez continuer à assurer et ce qui devra être transmis. Une discussion claire facilite l’organisation de l’équipe et limite les malentendus sur la charge de travail.
Demandez une confirmation écrite de la quotité retenue et du changement de contrat. Vérifiez le délai de réponse prévu par votre convention collective ou votre statut. Si l’employeur refuse, demandez le motif et les voies de recours possibles. Les règles peuvent différer entre privé et public.
Quels projets financer avec ce nouveau rythme ?
La retraite progressive peut libérer du temps pour une activité physique douce, une formation, la famille ou un engagement associatif. L’organisation doit rester réaliste : prévoyez des périodes de récupération et évitez de remplacer immédiatement les heures de travail par une succession d’obligations.
Vous pouvez par exemple consacrer une journée à un projet personnel et garder une demi-journée sans rendez-vous. Notre article sur l’occupation après 60 ans propose des pistes pour construire un emploi du temps équilibré.
Si la réduction d’activité entraîne une baisse de ressources, vérifiez les aides auxquelles vous pourriez avoir droit dans notre guide des aides seniors et allocations. Une mutuelle adaptée reste également importante lorsque l’organisation professionnelle change ; consultez nos conseils pour choisir une mutuelle senior.
Les erreurs à éviter
- Déposer la demande sans avoir vérifié les 150 trimestres.
- Réduire son temps de travail avant de connaître le montant estimé de la pension.
- Confondre retraite progressive et cumul emploi-retraite.
- Oublier de demander une confirmation écrite à l’employeur.
- Négliger les délais de traitement et quitter son emploi avant la notification.
- Ne pas contrôler l’enregistrement des nouvelles cotisations.
Ne transmettez pas de relevé de carrière complet à un service non identifié. Pour classer vos documents, utilisez un espace sécurisé et évitez de copier des numéros personnels dans un outil d’intelligence artificielle. Notre guide sur l’IA pour les seniors explique ces précautions de confidentialité.
Questions fréquentes
Peut-on demander une retraite progressive à 60 ans ?
Oui, pour les retraites prenant effet depuis le 1er septembre 2025, l’âge d’ouverture est fixé à 60 ans, sous réserve des autres conditions et du régime concerné.
Combien de trimestres faut-il avoir ?
Il faut généralement justifier d’au moins 150 trimestres d’assurance pour le dispositif du régime général. Votre relevé de carrière doit être vérifié avant la demande.
Peut-on travailler à mi-temps ?
Oui, un temps partiel situé dans la fourchette autorisée peut ouvrir droit au dispositif. Dans le privé, la plage courante est de 40 % à 80 % d’un temps plein.
La retraite progressive est-elle définitive ?
Non. Elle est provisoire et prend fin lorsque vous demandez votre retraite définitive ou lorsque vous ne remplissez plus les conditions.
Les cotisations versées pendant la retraite progressive comptent-elles ?
Elles peuvent contribuer à vos droits futurs selon les règles de votre régime. Contrôlez votre relevé et conservez vos justificatifs de salaire.
Les conditions peuvent évoluer. Cet article donne des repères généraux et ne remplace pas l’étude personnalisée de votre caisse de retraite.





